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Les 13 et 14 janvier, les cadres de l’ANC ont participé à un WE de recyclage. 18 plongeurs et 6 accompagnantes se sont rendus à Bruxelles pour plonger à Nemo 33, la piscine la plus profonde du monde.
Le programme technique a débuté par une intervention brillante de Renaud Jourdan sur la Remontée sur Expiration (RSE) : cet enseignement est-il encore d’actualité ? Faut-il continuer de le faire ? Faut-il le maintenir en examen ? Comment assurer son enseignement et son évaluation en toute sécurité ? Deux bonnes heures de réflexion commune ont permis de dégager certains axes et le sujet n’a pas été épuisé. Cette réflexion a été très enrichissante et devrait s’inscrire dans le cadre d’une réflexion régionale sur ce type d’exercice.
Mais, le recyclage c’est aussi de la pratique, ainsi une plongée a suivi, dans une eau cristalline à 30° et 34 mètres. En maillot de bain s’il vous plait ! Expérience très intéressante, de voir ce puit contenant 2.5 millions de mètre cubes d’eau, devenir sous l’effet des bulles de la vingtaine de plongeurs présents, un véritable jacuzzi géant ! Effet garanti !
Puis une intervention du professeur Tino Ballestra nous a permis de balayer d’anciens préjugés sur la décompression. Ce physiologiste de l’Université Libre de Bruxelles fait des recherches sur la décompression et il nous a informé des dernières découvertes en la matière. L’exposé a été très didactique, non dénué d’humour, et particulièrement apprécié des participants. La soirée s’est prolongée autour d’un excellent repas, avec discussion libre. Le professeur Ballestra a volontiers répondu aux nombreuses questions de nos plongeurs.
Le lendemain matin, Paul Raymaekers nous a présenté un nouveau recycleur de sa conception, le fameux rEvo II. Le rEvo II est un recycleur circuit fermé mécanique (mCCR). Cet appareil est équipé de deux bouteilles de gaz, l’une contient un diluant, de l’air dans le cas d’une plongée a maximum 45 mètres, ou du trimix pour des incursions plus profondes ( le rEvo II est donne pour une profondeur de 80 mètres), la seconde bouteille contient de l’oxygène pur qui est injecte dans la boucle du recycleur de deux manières : par une injection continue de 0.8 litre/min et par un système d’injection manuel permettant de maintenir la pression partielle d’oxygène constante lors de la plongée. Le plongeur dispose de deux appareils de contrôle de la ppO2 (les fameux rEvo-Dream) ainsi que d’un système HUD fixe sur l’embout et qui vient se positionner devant le masque. La machine est d’une conception révolutionnaire par la simplicité de sa mise en œuvre. La structure en Inox est d’une réalisation particulièrement soignée et son poids permet de ne pas avoir à rajouter de lest. Esthétiquement c’est une réussite, et en pratique elle est facile à monter, les possibilités de fuites sont réduites à leur plus simple expression. La cartouche, ou plutôt les cartouches de chaux sont simples à remplir et à installer, de plus la présence de ces deux cartouches en série permet d’avoir un appareil extrêmement compact présentant une très faible résistance hydrodynamique ainsi qu’une utilisation optimale de la chaux. Restait à tester le rEvo II dans l’eau. Aussitôt dit, aussitôt fait. Paul, l’inventeur de la machine avait apporté dans ses bagages 3 rEvo II qui ont permis aux 8 moniteurs recycleurs de les essayer, cette fois dans une fosse sans bulle (qui a éteint le Jacuzzi ?), le temps que les plongeurs en circuit ouvert arrivent. La machine a séduit tous les testeurs : elle est très stable sur le dos, très confortable sur le plan respiratoire, économique en gaz et particulièrement silencieuse. La diode lumineuse de sécurité située au niveau du masque du plongeur permet de suivre la PpO2 très facilement pour l’utilisateur et le reflet dans le masque permet à l’accompagnant de contrôler le bon fonctionnement de la machine. Un grand merci à l’équipe de Nemo 33 de nous avoir autorise cet essai particulier. En effet, les impératifs d’entretien et de sécurité imposent a Nemo 33 l’utilisation exclusive d’un matériel entièrement désinfecté et de limiter au maximum l’utilisation de matériel extérieur.
Le WE a été très enrichissant sur le plan culturel, la visite de Bruxelles est toujours intéressante. L’accueil à Nemo était fort sympathique, la restauration d’inspiration orientale très agréable et malgré une pénurie de bière blanche (Scandale en Belgique !) toutes et tous ont pu apprécier l’infrastructure très performante de Nemo 33. Le côté studieux de ce recyclage allié à la convivialité devrait motiver encore plus nos cadres bénévoles. C’est une expérience à refaire.
Un grand merci aux intervenants : Renaud Jourdan, Tino Ballestra et Paul Raymaekers. Un grand merci aussi à tous les participants ainsi qu’a John et sa super équipe de Nemo 33.
Bernard Schittly, un président de club heureux.
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